Achaïra n° 201 : éditorial d’avril 2018

Éditorial de l’émission Achaïra n° 201 du lundi 2 avril 2018

La météo a-t-elle un impact sur l’envie de changer sa vie ? En tout cas, les mobilisations de ce 22 mars au moins en Gironde ont donné un signe que la résignation n’avait pas gagné tous les cœurs et qu’une bonne partie du peuple a encore envie de se battre pour exister. Restent à trouver les lieux et les moments de convergence pour aller plus loin.

Il y a d’autres signes avec l’occupation de l’université de Bordeaux et sa capacité par moment à s’ouvrir à des Assemblées inter luttes où peuvent se rencontrer différents secteurs du travail et du non travail, avec ainsi la possibilité d’agir ensemble.

Il y a la mobilisation des factrices et facteurs de Gironde en grève depuis 3 semaines aujourd’hui contre la casse de leur métier. C’est-à-dire le travail en miettes entre ceux qui trient le courrier pour une partie du département, activité industrialisable et automatisable, et ceux qui le distribuent en découvrant leur tournée lettre après lettre. L’objectif étant de vendre les bureaux où chaque facteur faisait le tri de sa tournée, pour faire du profit, laissant aux facteurs de simples placards de rue pour récupérer leur « sacoche » à distribuer. Le deuxième objectif est de faire des gains sur la ressource humaine des facteurs.

Demain commence la grève des cheminotes et cheminots contre la privatisation du rail et la casse de leur statut. Généreusement, pour désamorcer le mouvement, le gouvernement concéderait de conserver ce statut pour celles et ceux en place aujourd’hui mais pas pour les remplaçants de demain ! De l’amélioration des transports publics, il n’en est nulle part question. Il y aura toujours des files ininterrompues de transporteurs routiers qui menacent leurs vies et les nôtres sur les routes de la rentabilité à outrance jusqu’à l’accident.

Autres signes d’espoirs, ce sont ces squats qui, sur la région, rejoignent ce qui se fait dans d’autres pays, ces centres sociaux autogérés qui accueillent celles et ceux pour qui l’État n’assurent aucune de ses soi-disant fonctions sociales. Le Squid, la Ruche, etc… accueillent les Mineurs Non Accompagnés, et celles et ceux qui acceptent de vivre en autogestion. Saluons-les ici !

Enfin, il y a le succès des projections du film de Yannis Youlountas, L’Amour et la révolution qui ce weekend a réuni près de 320 personnes à Bordeaux vendredi soir, près de 110 à Bazas samedi, combien encore dimanche à Cadillac ou ce soir à La Réole ? Et pas seulement du monde, mais des échanges et un film dynamique et dynamisant qui donne envie d’agir. Ce film est porteur d’action et d’autogestion. Il montre que l’on peut faire vivre des quartiers sans policiers sur la base des valeurs et principes anarchistes comme à Exarcheia, que les squats peuvent être des lieux de vie accueillants et souhaitables.

Les alternatives ne sont pas faciles à vivre car elles sont la cible de la police et des fascistes que ce soit à Thessalonique avec l’attaque du squat Libertatia dont nous a parlé Vassilis le mois précédent, que ce soit au Rojava avec l’attaque de la commune d’Afrin par le fasciste Erdogan allié aux djihadistes résidus de Daesh, ou encore l’attaque ce weekend du local de la CNT de Lyon par les fachos locaux. Mais Yannis Youlountas nous a montré dans son film que l’on peut faire reculer les fachos avec l’action du groupe antifasciste Distomo à Athènes en s’attaquant aux locaux des fascistes d’Aube Dorée arrivant à leur faire quitter le quartier.

Alors, il ne nous reste plus qu’à nous y mettre pour vivre libre ici et maintenant et donc changer le monde.

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