journée de solidarité internationale contre l’enfermement

Bonjour à toutes et tous

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JEUDI 2 MAI A 18H
RASSEMBLEMENT DEVANT LE CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE (commissariat
Mériadeck)

Journée de Solidarité Internationale Contre l’Enfermement
Rassemblement pour protester contre l’enfermement de nos camarades et pour
la fin de la criminalisation des luttes des sans-papier.es

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Depuis un quart de siècle, l’Europe s’est dotée de barrières à ses
frontières extérieures qui sont toujours aussi meurtrières malgré les
changements de régime politique.

Le rideau de fer porte un nouveau nom : Frontex

      Depuis « l’ouverture » des frontières européennes (convention de
Schengen 85, liberté de  circulation des marchandises et des
personnes) une série de lois et de dispositifs permettent le
contrôle et la gestion des flux migratoires (en France, loi
Pasqua-Debré de 86).  Cette surenchère sécuritaire s’intensifie en
2004 par la création de Frontex (Agence européenne pour la gestion
de la coopération aux frontières extérieures).
     Financé par l’Europe, les missions de Frontex visent à contrôler et à
retenir les migrant.es hors des frontières européennes, sous couvert
d’une « humanisation » de la gestion de l’émigration. Les millions
d’Euros des subventions permettent en délocalisant, d’améliorer
l’image des pays européens (moins de reconduites, de décès, de lutte
chez nous). Déplacé dans des « zones tampons » (Maghreb, Turquie,
Libye, etc.), une partie du sale boulot est effectué en dehors de
chez nous (détention, déportations, murs de protection, chasse aux
réfugiées, etc.).
      Les missions de Frontex sont diverses : coordination d’opérations
d’interception, organisation de charters communs, formation des
gardes-frontières dans différents corps de police nationaux. Il
s’agit dans les faits d’un véritable laboratoire d’essai et de
recherche sur les techniques du contrôle.
     Les migrant.e.s en sont aujourd’hui les cobayes, gageons que nous
profiterons bientôt, toutes et tous, des avancées dans les techniques
de maîtrise des populations et que marchands et industriels du
sécuritaire profiteront encore longtemps de cette manne financière.

L’ « Europe forteresse » – une machine à fabriquer des sans-papier.es

       L’objectif affiché de cette politique de  l’«Europe forteresse» –
l’arrêt des flux migratoires à destinations de l’Europe – n’a
jamais été atteint. Ceci ne veut pourtant pas dire que cette
politique n’a pas eu d’effet. Son effet majeur ne s’est d’ailleurs
pas manifesté aux frontières, mais à l’intérieur du fameux « Espace
Schengen » : la multiplication de dispositifs juridiques visant à
réprimer l’immigration a conduit à une fragilisation extrême des
migrant.es. Étant de fait exclus de pratiquement toute protection
juridique, interdits de séjour et de droit de travail, les
migrant.es ne peuvent survivre qu’en acceptant des conditions de
travail au noir particulièrement dures et des salaires de misère.
      Les entreprises de secteurs économiques entiers ont très rapidement
compris l’intérêt que pourrait représenter cette situation : le
bâtiment, la restauration, le nettoyage etc. fonctionnent
aujourd’hui essentiellement grâce à cette main d’œuvre persécutée et
privée de ses droits.

Les luttes des sans-papier.es

La fin de ces persécutions et la conquête des droits dont bénéficient
leurs collègues européens ont fait l’objet d’une série de luttes
particulièrement dures : en France, on se souvient notamment des coups de
hache de St. Bernard,  de la formation de nombreux  collectifs de
sans-papier.es, des grèves de la faims et des mouvements de grève
d’ouvrièr.es sans-papiers.

La répression actuelle des luttes en Italie

      Des luttes similaires se sont développées dans la plupart des pays
de l’Espace Schengen. Face à ce défi, les autorités étatiques se
sont lancées dans une logique de criminalisation systématique de ces
mouvements. Le dernier exemple de cette criminalisation vient
d’Italie : trois camarades ont été déténu.es, à Turin, à la suite
d’un « saluti » (salutations  festives et solidaires aux
sans-papier.es en lutte dans le centre de rétention). Les camarades
de Turin luttent contre les expulsions locatives et les centres de
rétention, répondant de manière instantanée à la répression étatique
à laquelle ils et elles sont confronté.es dans leur quotidien (le
simple fait de ne pas avoir sa carte d’identité sur soi pendant un
contrôle d’identité peut leur coûter 3 jours de taule).
Les mouvements des sans-papier.es : une arme contre la logique du
moins-disant social

Dans ce contexte, il convient de souligner que les luttes des
sans-papier.es profitent objectivement également aux collègues européens
qui travaillent dans le bâtiment, la restauration et le nettoyage : en
obtenant les mêmes droits sociaux, les sans-papier.es peuvent enfin
refuser de travailler en dessous du salaire minimum et dans des conditions
incompatibles avec le code du travail. Ainsi, la fin de la logique du
moins-disant ou silence social institutionnalisé qui règne dans ces
secteurs passe nécessairement par le succès du mouvement des
sans-papier.es et par l’acquis de ces droits.

C’est pourquoi nous réclamons :
l’arrêt immédiat de la répression contre les luttes des sans-papier.es.
l’abolition des prisons et des centres de rétention !
la libération des sans-papier.es et de leurs soutiens incarcéré.es, à
Turin et ailleurs !

Rassemblement pour protester contre l’enfermement de nos camarades et pour
la fin de la criminalisation des luttes des sans-papier.es :
Jeudi 2 mai 2013 à 18h
devant le Centre de Rétention Administrative (commissariat Mériadeck)

Contact : http://gabx.noblogs.org

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