Silence, Alternatives non-violentes, Réfractions, Achaïra, 3 juin 2010

Trois revues

Ce soir, je voudrais vous parler de trois revues : − Silence, ce périodique mensuel traite de l’écologie, des alternatives et de non-violence. − Alternatives non violentes est une revue trimestrielle. − Réfractions, semestrielle, a pour sous-titre : « recherches et expressions anarchistes »

Silence, annonce comme thème essentiel de son numéro 380,  de juin : « Les frontières de la non-violence ». En effet, l’action non-violente, opposée à une violence jugée comme allant de soi, a émergé dans les pratiques sociales depuis un peu moins de cent ans. Pour autant, on ne sait pas toujours très bien de quoi on parle.

Il s’agit donc, ici, de reconnaître que les entités « violence » et « non-violence » ne sont pas des absolus, tout noir ou tout blanc, mais qu’il y a entre ces deux notions ce que Xavier Renou nomme des « zones grises ».

Si l’absence du meurtre est une limite essentielle à ne pas franchir, c’est notoirement insuffisant comme frontière : ainsi un fauchage d’OGM peut être vécu comme extrêmement violent par le propriétaire du terrain. Pareil pour un patron retenu contre son gré, dans son bureau, par des ouvriers.

Du côté des dominés, les violences psychologiques, symboliques et culturelles sont souvent vécues beaucoup plus durement que des violences physiques.

Ce débat, qui peut paraître oiseux à certains, doit pourtant être tenu par ceux qui veulent entreprendre une action non violente ; et, ce, avant que cette action ait lieu. Pas pendant, évidemment : il pourrait en effet être désastreux que le débat rejaillisse en pleine action, au mauvais moment. On cherchera donc, pour le temps de l’action, un consensus, une sorte de cadre philosophique.

Mais on tiendra compte, on acceptera toujours, ce que Guillaume Gamblin qualifie de « reliquat de violence » ; oui, un reste de violence dans toute action non violente. À discuter, donc…

Dans le n° 154, 1er trimestre de 2010, d’Alternatives non-violentes, j’ai repéré un article qui s’intitule : « Non-violence : quelles perspectives révolutionnaires ? »

Guillaume Gamblin nomme « révolutionnaire » « la perspective d’une transformation radicale des rapports sociaux (et écologiques) en vue de plus de justice ».

Si, il y a peu, on abordait la question de la révolution violente ou non violente, il n’en est quasiment plus question aujourd’hui car on ne croit plus au Grand Soir.

Mais les milieux non violents ont-ils jamais été révolutionnaires ?

Actuellement, on note de leur part une orientation vers des activités d’éducation, de culture, de résolution non violente des conflits, etc., de relations au sein de la famille, de l’école et du quartier, mais il n’est plus question de changer radicalement la société capitaliste, il ne s’agit que de vivre autrement dans un monde inchangé. Il ne s’agit que d’un aménagement pur et simple du monde tel qu’il est.

Les diverses actions de désobéissance civile (faucheurs, enseignants, etc.) changent-elles quelque chose à ce constat ?

Et Guillaume se pose la question de savoir si ces différentes actions, relativement circonscrites, ont une portée révolutionnaire.

Et puis, à la fin, qu’entend-on par « révolution » : car toute révolution n’est pas souhaitable.

Pour Guillaume, la valeur de l’action serait plus à rechercher dans l’esprit de l’acteur qu’inscrite dans l’action elle-même. Par ailleurs, l’action transforme les acteurs ; et la lutte devient un terrain éducatif pour une approche révolutionnaire.

Il note :

« Les OGM mènent tout droit au cœur du monopole des multinationales, de la domination économique sur le politique, de la brevetabilité du vivant, par extension du droit de propriété ! »

Oui, nous sommes au cœur d’une radicalité, d’une problématique révoutionnaire.

Une rupture plus soudaine et globale est-elle possible actuellement ? Sans doute pas. Mais qui peut en jurer ?

Eh bien ! Il s’agit d’avancer pas à pas (progressisme plutôt que réformisme ?)

S’il est certain que nous n’atteindrons jamais totalement la société selon nos désirs, toute victoire même délimitée nous donnera des forces et renforcera notre confiance à chaque nouvelle avancée.

En fait, il nous faut sortir d’une conception figée de l’idée de révolution plus ou moins sanglante avec un « avant » où règne l’injustice et un « après » correspondant presque à nos vœux.

Le n° 24 de Réfractions a pour thème « Des féminismes, en veux-tu, en voilà ». Héloïsa, Irène, Marianne et Monique ont pris en charge la rédaction de ce numéro. Des hommes y sont associés.

Le projet est organisé en trois séquences : historique, théorique et pratique.

À partir du constat de l’extrême diversité de la question féministe, il s’agit de débattre sur les thématiques actuelles qui traversent le milieu libertaire.

Pour notre quatre compagnes, le débat s’est déplacé : des questionnement identitaires ont remplacé une problématique de société et d’inégalité sociale.

Maintenant, l’émancipation féministe serait envisagée comme une « déconstruction du genre et des sexes ».

Ce débat rejoindrait le débat sur la postmodernité et la destitution du sujet ainsi que l’a abordé la revue Réfractions dans son numéro 20.

Donc, un numéro très pluriel avec un débat entre les « déconstructionnistes » et les « égalitaires ». Peut-être y a-t-il là une question de génération…

Comme il est habituel, Réfractions ouvre ses pages à ce qu’il nomme des transversales, revenant par exemple sur des sujets traités précédemment.

Je note, pour finir, un texte très acéré de René Fugler sur les « refusants », ceux qui se refusent à commettre le pire.

Et nous revenons, par là, au début de ma chronique. Allez ! Bonsoir !

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